Le 1er juillet 2026, le maître d’ouvrage de la centrale bioénergie du Larivot a publié un point d’avancement précis : 70 % des tuyauteries montées, la moitié des câbles tirés, trois cuves de stockage testées, un oléoduc de 14 kilomètres rempli d’eau pour vérifier son étanchéité. Le même jour, il situait la mise en service complète à la fin du premier semestre 2027. Les essais moteurs sont annoncés à partir de septembre 2026 : le moment où un chantier de cette taille cesse de mobiliser des terrassiers et commence à faire venir des équipes de mise en service, souvent extérieures au territoire. Cet article est à jour au 22 août 2026.
Le chantier est en cours, en phase finale : raccordement des équipements et préparation des essais. Il se situe à Matoury, pas à Cayenne, à 9,4 km et 12 minutes du centre de Cayenne. Maître d’ouvrage : EDF PEI. Montant publié : 600 M€. Premier moteur visé fin 2026, pleine exploitation visée au premier semestre 2027. Nos logements les plus proches sont à Cayenne et à Rémire-Montjoly ; nous n’en avons aucun à Matoury.
Ce qu’est le chantier du Larivot, et ce qu’il n’est pas
Une centrale de 120 MW portée par EDF PEI
Le maître d’ouvrage est EDF PEI (Production Électrique Insulaire), filiale du groupe EDF. L’ouvrage est une centrale fonctionnant à la biomasse liquide : 120 MW de puissance installée, répartis sur sept moteurs de 16 MW logés dans sept loges. Le combustible est une biomasse liquide certifiée durable au titre de la directive européenne RED, composée à 90 % d’huile de colza et 10 % de méthanol, acheminée depuis le port de Dégrad-des-Cannes par un oléoduc enterré de 14 kilomètres. Trois cuves de stockage sont implantées sur le site.
Deux repères d’échelle. Le chantier mobilise 16 hectares, et son montant publié — 600 millions d’euros — dépasse celui des autres grands chantiers guyanais recensés à cette date : aéroport Félix-Éboué (85 M€), nouveau pont du Larivot (plus de 200 M€), TCSP de l’agglomération (183 M€), cité judiciaire de Cayenne (70 M€). Pour situer la puissance, le pic de consommation électrique guyanais était donné à 150 MW par le maître d’ouvrage le 1er juillet 2026.
La centrale prendra la relève de la centrale thermique de Dégrad-des-Cannes (Rémire-Montjoly), qui fonctionne au fioul et se trouve en exploitation, fermeture programmée : son arrêt est conditionné au démarrage des sept moteurs du Larivot, attendu à la fin du premier trimestre 2027 selon le maître d’ouvrage.
Trois chantiers portent le nom « Larivot » : ne les confondez pas
C’est une confusion fréquente, y compris dans la presse. Au Larivot coexistent trois opérations distinctes, sans rapport entre elles :
| Opération | Maître d’ouvrage | Nature | Statut au 22 août 2026 |
|---|---|---|---|
| Centrale bioénergie du Larivot | EDF PEI | Production électrique | En cours, phase finale |
| Nouveau pont du Larivot et doublement de la RN1 | État (DGTM Guyane) | Ouvrage routier | En cours mais fortement ralenti ; état réel non établi, dernière information publique datée du 3 avril 2025 |
| ZAC du Larivot | EPFA Guyane | Aménagement urbain | En cours — 73 M€, 47 ha, 1 050 logements, 29 024 m² de bureaux et d’activités, commercialisation aux bailleurs et promoteurs en 2026 |
Si vous cherchez « chantier Larivot » et que vous tombez sur des piles en rivière et des travées, vous lisez le dossier du pont, pas celui de la centrale.
Un quatrième chantier s’y rattache : le raccordement 90 kV
La centrale entraîne un chantier de réseau : son raccordement souterrain 90 kV, porté par EDF Guyane, dont le titulaire du marché est Sadertelec (groupe SADE). C’est une double liaison entre le poste d’interconnexion et de mesure de la centrale et les lignes aériennes existantes de Balata et de Malouin. Statut au 22 août 2026 : en cours, dernière phase. Ni son montant ni ses effectifs ne sont publiés.

Où en est le chantier au 22 août 2026
Les jalons publiés, dans l’ordre
Voici les jalons établis et datés. Tout ce qui n’y figure pas n’a pas été publié.
| Date | Jalon | Statut |
|---|---|---|
| Mi-2023 | Reprise du chantier par le génie civil, après deux ans de suspension | Fait |
| Début 2025 | Passage en phase de montage électromécanique | Fait |
| Mars 2025 | 300 à 400 personnes mobilisées (chiffre de presse à cette date) | Constat daté |
| Mai à juillet 2025 | Livraison des sept moteurs, quatre en mai et trois en juillet | Fait |
| 1er juillet 2026 | 70 % des tuyauteries et la moitié des câbles montés ; oléoduc de 14 km rempli d’eau pour test d’étanchéité ; trois cuves testées | Constat daté |
| Août 2026 | Raccordement 90 kV : phase 2, déroulage des câbles haute tension | Annoncé |
| Septembre 2026 | Début des essais moteurs ; réception et mise en service du raccordement 90 kV | Annoncé |
| Fin 2026 | Mise en service du premier moteur | Visé |
| 1er semestre 2027 | Mise en service des six autres moteurs ; fin de chantier | Visé |
| Fin du 1er trimestre 2027 | Arrêt de la centrale de Dégrad-des-Cannes, conditionné au démarrage des sept moteurs | Annoncé |
Le raccordement 90 kV suit son propre calendrier : phase 1 de décembre 2025 à juillet 2026 pour 3,6 km de fourreaux, dont deux forages dirigés de 115 et 185 mètres ; phase 2 en août 2026 ; réception en septembre 2026. Durée totale annoncée : dix mois.
Le calendrier a bougé, et il faut le dire
Les sources ne disent pas la même chose selon leur date. En avril 2026, un communiqué relayé annonçait une mise en service fin 2026. En juillet 2026, le maître d’ouvrage parlait lui-même d’une mise en service à la fin du premier semestre 2027, avec seulement le premier moteur en fonctionnement fin 2026.
La formulation exacte, au 22 août 2026, est donc : premier moteur visé fin 2026, pleine exploitation visée au premier semestre 2027. Si vous lisez que la centrale entre en service en 2026, la source est périmée. Pour un intervenant, l’écart compte : il déplace de plusieurs mois la fenêtre pendant laquelle des équipes d’essais sont attendues sur site.
Une précision s’ajoute à cela : l’issue du dernier recours connu, encore pendant devant le Conseil d’État en mars 2025, n’est pas établie publiquement. Nous n’écrivons donc pas que toutes les procédures sont closes.
Combien de personnes travaillent sur le site, et pour combien de temps
Trois chiffres publiés, trois périmètres différents
Trois chiffres existent. Ils ne mesurent pas la même chose, et ils ne s’additionnent pas.
| Chiffre | Périmètre | Date et émetteur |
|---|---|---|
| 500 intervenants | Effectif sur site au pic de la construction | EDF PEI, fiche projet, sans date de référence |
| 300 à 400 personnes | Effectif mobilisé sur le chantier | Presse locale, mars 2025 |
| 79 salariés | Postes à l’exploitation, à terme | Maître d’ouvrage, juillet 2026 |
Le troisième chiffre appelle une précision qui change tout pour qui raisonne en nuitées : ces 79 postes d’exploitation sont majoritairement pourvus par des transferts internes depuis la centrale de Dégrad-des-Cannes, donc par des personnes déjà résidentes. Une trentaine d’entre elles étaient sur site en juillet 2026, en formation. L’exploitation ne crée pas de flux d’arrivants ; la construction et la mise en service, si.
Ce qui n’est pas publié
Trois données manquent, et nous préférons l’écrire :
- L’effectif présent sur le chantier en août 2026 n’est pas publié. Les seuls chiffres disponibles sont ceux du tableau ci-dessus.
- La durée type d’une venue n’est publiée pour aucun chantier guyanais, celui-ci compris. Ce qui est établi : le montage des moteurs revient au constructeur, avec les équipes du maître d’ouvrage, et une phase d’essais mobilise des équipes réduites et très spécialisées.
- La répartition entre main-d’œuvre locale et extérieure n’est chiffrée sur aucun chantier du territoire.
Pour dimensionner un séjour, partez donc de votre ordre de mission.
Accéder au site depuis Cayenne et Rémire-Montjoly
Les distances, mesurées le 22 août 2026
Les temps ci-dessous ont été calculés par itinéraire routier, profil voiture, sans trafic. Ce sont des ordres de grandeur, pas des données officielles.
| Depuis | Distance | Temps sans trafic |
|---|---|---|
| Cayenne (centre) vers Le Larivot | 9,4 km | 12 min |
| Rémire-Montjoly (bourg) vers Le Larivot | 11,9 km | 17 min |
| Cayenne vers Balata (tracé du raccordement 90 kV) | 7,2 km | 8 min |
| Cayenne vers l’aéroport Félix-Éboué | 16,8 km | 20 min |
| Rémire-Montjoly vers Dégrad-des-Cannes | 7,7 km | 10 min |
Le site est donc en proximité directe. Pour mesurer ce que cela vaut en Guyane : le bourg de Kourou est à 62 km et 1 h 01 de Cayenne, Saint-Laurent-du-Maroni à 257 km et 4 h 06.
Le goulot n’est pas le kilométrage, c’est l’heure de départ
La traversée du Larivot est le point de passage obligé entre Cayenne et l’ouest de l’agglomération. Les derniers chiffres officiels de la DGTM Guyane — la direction générale des territoires et de la mer, qui a remplacé la DEAL le 1er janvier 2020 —, datant de 2019, donnent 15 000 véhicules par jour sur la RN1 entre Cayenne et Macouria, et jusqu’à 48 000 véhicules légers par jour en heure de pointe sur les sections proches de Cayenne. Aux heures de pointe, les douze minutes du tableau ne tiennent pas, et l’île de Cayenne n’a pas de maillage secondaire : un incident sur un axe national ne se contourne pas.
Deuxième contrainte : l’entretien courant. Quand des travaux sont programmés sur les sections urbaines de la RN1, entre les giratoires Leblond, Crique Fouillée et Maringouins, ils sont conduits de nuit, de 21 h à 5 h, avec réduction à une voie par sens et coupures ponctuelles. La DGTM publie chaque semaine la liste des principaux chantiers sur les routes nationales : c’est le document à consulter avant de caler des horaires d’équipe. Son site était injoignable les 21 et 22 août 2026, ce que nous signalons plutôt que de renvoyer vers une page non lue.
Si vous arrivez par avion
L’aéroport Félix-Éboué est lui aussi en chantier jusqu’en 2029, en site occupé et sans interruption du trafic : les travaux de modernisation de l’aéroport sont à connaître avant de réserver un transfert. Comptez 16,8 km et 20 minutes jusqu’à Cayenne.
