Le chantier de modernisation de l’aéroport de Cayenne – Félix-Éboué a été officiellement lancé le mercredi 8 juillet 2026, la première étape effective — toiture et clôture — étant annoncée « dès le mois d’août ». Si vous venez en Guyane pour une mission entre aujourd’hui et 2029, vous atterrirez sur une plateforme en travaux. Elle ne ferme pas : le chantier se déroule en site occupé, sans interruption du trafic aérien. Mais l’aérogare est reconfigurée par étapes, une partie des parkings change d’affectation et les loueurs de véhicules doivent être relogés. Cet article est à jour au 22 août 2026.
Le programme est en cours : 85 millions d’euros, 42 mois annoncés, première phase annoncée pour 2029. Ce qui change pour un voyageur tient en trois points : un parcours passager reconfiguré par étapes, des parkings et des abords appelés à évoluer, et une plateforme qui reste la seule porte d’entrée aérienne du territoire pendant tout le chantier.
Le chantier : ce qui est publié, et ce qui ne l’est pas
Le programme annoncé
L’exploitation de la plateforme est passée sous concession de la Société concessionnaire de l’aéroport de Cayenne (SCAC) le 1er octobre 2025, pour trente ans. C’est ce concessionnaire qui porte le programme lancé le 8 juillet 2026.
Le contenu annoncé : extension de l’aérogare de plus de 1 000 m² ; réorganisation du parcours passager, avec un sas de contrôle unique débouchant sur la salle d’enregistrement, puis le contrôle sûreté et la salle d’embarquement ; libération de près de 1 000 m² occupés par des services administratifs, relogés dans un bâtiment neuf ; rénovation des aires de stationnement avions ; nouveau poste avion gros-porteur ; hangar aéronautique ; nouveaux locaux pour les loueurs de véhicules ; espaces commerciaux, y compris sur une partie des parkings. Objectif énergétique affiché : 90 % d’énergie décarbonée.
Le motif affiché du chantier est la saturation et les longues files d’attente. Un objectif d’ouverture à quatre nouvelles compagnies ou lignes aériennes d’ici fin 2027 a également été annoncé : c’est un objectif, pas un calendrier de dessertes, et rien ne permet de dire quelles liaisons ouvriront ni quand.
Le calendrier, et la contradiction qu’il contient
| Élément | Ce qui est publié |
|---|---|
| Statut | En cours |
| Lancement du chantier | 8 juillet 2026 |
| Première étape effective | Toiture et clôture, dès août 2026 |
| Durée annoncée | 42 mois |
| Livraison de la première phase | 2029 |
| Montant | 85 M€ |
| Exploitant | Concession de 30 ans depuis le 1er octobre 2025 |
| Commune | Matoury, île de Cayenne |
| Distance depuis Cayenne | 16,8 km, environ 20 min hors heure de pointe |
| Trafic aérien pendant les travaux | Maintenu, chantier en site occupé |
Deux précisions, l’une de vocabulaire, l’autre d’arithmétique. « Livraison de la première phase » n’est pas « fin des travaux » : le programme est phasé, et le détail du phasage n’était pas public au 22 août 2026. Et les deux données de calendrier ne se recoupent pas exactement — 42 mois comptés depuis juillet 2026 mènent au début de 2030, alors que la première phase est annoncée pour 2029, une source citant mars 2029. Nous les reproduisons telles qu’elles ont été publiées, sans les arbitrer : l’ordre de grandeur, lui, est sûr, le chantier occupe la plateforme jusqu’à la fin de la décennie.
Ce qui n’existe pas dans le domaine public
Sur ce chantier, plusieurs des données qu’on vous demanderait en réunion de projet ne sont pas publiées.
| Donnée | État |
|---|---|
| Montant du programme | Publié : 85 M€ |
| Durée des travaux | Publiée : 42 mois |
| Livraison de la première phase | Publiée : 2029 |
| Effectifs du chantier | Non publiés |
| Phasage détaillé, dates de basculement | Non publié |
| Durée type des missions sur le chantier | Non publiée |
| Ventilation mensuelle du trafic passagers | Non publiée |
La donnée la plus demandée est la première de ces « non publiées » : le nombre de personnes mobilisées sur le chantier n’est pas rendu public. Aucun effectif, aucun nombre d’entreprises intervenantes, aucun volume d’heures. La communication du chantier insiste sur l’emploi local sans donner un seul chiffre, et nous n’en publierons pas d’estimation. C’est le cas de la quasi-totalité des grands chantiers guyanais : ni le pont du Larivot, ni le transport en site propre de l’agglomération, ni la cité judiciaire de Cayenne n’ont d’effectif publié.

Une seule porte d’entrée aérienne
526 872 passagers en 2025, pour une capacité d’environ 600 000
Le trafic de Félix-Éboué est publié annuellement. Il est passé de 496 000 passagers en 2024 à 526 872 en 2025, soit une progression de 5,5 %. Sur ce total 2025, 25 578 passagers relevaient de l’international. L’année 2024 avait par ailleurs vu plus de 6 400 mouvements d’avions. Les dessertes se répartissent entre l’Hexagone, la Caraïbe, le Brésil et le Suriname.
La capacité théorique de la plateforme est de l’ordre de 600 000 voyageurs par an : c’est cet écart qui motive le chantier. En revanche, la ventilation mensuelle du trafic n’est pas publiée. Aucun article, y compris celui-ci, ne peut affirmer que le trafic culmine à tel ou tel mois. Les repères de saisonnalité qui suivent viennent de la statistique hôtelière, pas de l’aéroport.
Pourquoi une pointe sature tout en même temps
La Guyane n’a qu’une seule porte d’entrée aérienne commerciale. Pas de second aéroport vers lequel se reporter, pas de réseau ferré, pas de cabotage maritime de voyageurs. Quand une période chargée arrive, elle sollicite au même moment les vols, les voitures de location et les hébergements.
Or les périodes tendues ne sont pas celles du calendrier métropolitain. Les derniers taux d’occupation hôtelière publiés mois par mois par l’Insee portent sur 2019 : novembre y est le meilleur mois (74,6 %), février le deuxième (74,4 %), le plus creux étant août (42,9 %). Pour 2024, seules deux valeurs mensuelles sont connues et elles confirment le haut et le bas : novembre reste le meilleur mois (58,5 %), mai le plus faible (46,2 %). Février est tendu par le carnaval et par des vacances scolaires propres aux académies antillo-guyanaises, absentes du calendrier hexagonal.
Si vos dates sont négociables, le calendrier de mission mois par mois évite de caler une mission sur la semaine la plus chargée de l’année. Si elles ne le sont pas, réservez vol, véhicule et logement dans le même mouvement : c’est le sujet de l’article consacré à la réservation de dernière minute pour une équipe.
Arriver et repartir pendant les travaux
Stationnement, dépose et loueurs
Trois éléments du programme touchent à ce que vous ferez en sortant de l’avion. Les espaces commerciaux prévus sur une partie des parkings : une portion de la surface de stationnement va changer d’affectation. Les nouveaux locaux pour les loueurs : comptoirs et aires de restitution vont bouger. La réorganisation du parcours passager : enregistrement, contrôle sûreté et embarquement seront modifiés par étapes.
Ce qui n’est pas publié, c’est le calendrier de ces basculements : au 22 août 2026, aucun plan de phasage détaillé, aucune date de déplacement des comptoirs de location, aucune information sur des fermetures temporaires de parking n’avait été rendue publique. À chaque voyage des trois prochaines années, considérez donc que la configuration a pu changer depuis la fois précédente, et vérifiez avant de partir plutôt qu’en arrivant.
Les marges de temps
Le temps de présentation qui fait foi reste celui de votre compagnie. Ce que le chantier ajoute, c’est de l’incertitude sur le chemin entre la dépose et le comptoir, et sur la place de stationnement au retour. Au départ, prévoyez donc le temps de retrouver un parking reconfiguré et de restituer un véhicule dont l’aire d’accueil a pu être déplacée. À l’arrivée, ne calez pas de rendez-vous juste après l’atterrissage d’un long-courrier : nous constatons, sur les logements que nous gérons, que ces vols débordent régulièrement des heures de bureau. C’est le sujet du check-in flexible pour une équipe en mission, à régler avant le départ.
