À 11 kilomètres au large de Kourou, trois bouts de terre posés sur l’Atlantique concentrent à eux seuls une grande partie de la mémoire et de la beauté guyanaises. Les Îles du Salut, en Guyane, ce sont des cellules envahies par les racines, des cocotiers penchés au-dessus d’une eau turquoise, et des agoutis qui traversent les sentiers sans crainte. J’y emmène régulièrement nos voyageurs, et à chaque traversée, le même choc : on vient pour le bagne, on repart marqué par l’archipel tout entier.
Voici tout ce qu’il faut savoir pour organiser cette escapade depuis Kourou, comprendre ce qu’on visite, et décider si une nuit sur place vaut le détour. Spoiler : elle le vaut.
Comprendre l’archipel : trois îles, une histoire
L’archipel des Îles du Salut compte trois îles, et c’est important de ne pas les confondre avant de réserver.
- L’Île Royale : la plus grande et la plus accessible, c’est ici qu’accostent les bateaux. On y trouve l’auberge, le restaurant, les vestiges administratifs du bagne, la chapelle et le sentier qui en fait le tour en 1h30.
- L’Île Saint-Joseph : reliée par navette interne, elle abritait la fameuse Réclusion, les cellules d’isolement. Plus sauvage, plus silencieuse, elle bouleverse souvent davantage que la Royale.
- L’Île du Diable : la plus célèbre à cause d’Alfred Dreyfus, mais inaccessible. Les courants y sont trop violents pour débarquer ; on l’observe depuis la pointe nord de la Royale.
Ce nom de « Salut » remonte aux colons qui s’y réfugièrent au XVIIIe siècle pour fuir les fièvres du continent. L’ironie de l’histoire, c’est qu’on en a fait à partir de 1852 l’un des bagnes les plus durs de l’Empire français.
Une mémoire pénitentiaire à fleur de pierre
Entre 1852 et 1953, plus de 70 000 condamnés transitèrent par le bagne de Guyane, dont une partie aboutit aux Îles du Salut, réservées aux fortes peines et aux récidivistes. Henri Charrière, l’auteur de Papillon, y a séjourné et a popularisé le lieu dans le monde entier.
Sur place, ce qui frappe c’est l’absence de mise en scène : les bâtiments se dégradent naturellement, les figuiers étrangleurs avalent les murs de la Réclusion, et le silence fait le reste. Comptez une bonne demi-journée pour parcourir les deux îles avec le respect que l’endroit impose. Quelques panneaux jalonnent le parcours, mais je conseille vivement un guide ou une bonne lecture préalable : sans contexte, on passe à côté de l’essentiel.

Comment se rendre aux Îles du Salut depuis Kourou
La porte d’entrée, c’est Kourou, à environ 60 km et 1 heure de route de Cayenne et de l’aéroport Félix-Éboué (Matoury). En Guyane, la voiture est indispensable : prévoyez un véhicule pour rejoindre l’embarcadère du Centre Spatial / port de plaisance.
La traversée en catamaran
Plusieurs navettes maritimes assurent la liaison. Voici les ordres de grandeur réalistes :
- Durée de traversée : 1h à 1h15 selon l’embarcation et l’état de la mer.
- Tarif aller-retour : environ 55 à 70 € par adulte pour la journée, souvent un peu plus si le déjeuner est inclus.
- Départ : généralement vers 8h le matin, retour en fin d’après-midi (16h-17h).
- Réservation : indispensable, surtout en saison sèche et pendant les vacances scolaires. Les places partent vite.
Un conseil de résident : la mer peut être formée entre le continent et l’archipel. Si vous êtes sensible au mal de mer, prenez un comprimé avant l’embarquement et installez-vous à l’arrière, à l’air libre.
Quand partir : viser la saison sèche
La meilleure période pour la Guyane s’étend de mi-juillet à mi-novembre, la saison sèche. C’est là que les traversées sont les plus stables et les sentiers les moins boueux. En saison des pluies, les départs sont parfois annulés pour cause de houle : gardez une marge dans votre programme. Rappel utile : la Guyane est à -5h de Paris en hiver et -6h en été, de quoi caler vos appels avant de partir.
Passer la nuit sur l’Île Royale : la vraie expérience
C’est mon conseil numéro un. La journée, l’Île Royale se remplit de visiteurs ; mais quand le dernier catamaran repart, l’archipel change de visage. Le coucher de soleil sur l’Île du Diable, les chauves-souris frugivores au crépuscule, le ciel étoilé sans pollution lumineuse : c’est un autre voyage.
L’Auberge des Îles du Salut, installée dans l’ancienne maison des gardiens, propose chambres et carbets pour hamac. Quelques repères :
- Chambre double : autour de 90 à 130 € la nuit selon le confort.
- Hamac sous carbet : nettement plus économique, prévoyez votre moustiquaire ou louez-la sur place.
- Restauration : un restaurant unique sur l’île, demi-pension recommandée car il n’y a aucun commerce.
Pensez à emporter de l’eau, une lampe frontale, un anti-moustique efficace et des espèces : la connexion et les paiements par carte sont aléatoires.
Que faire une fois sur place
- Faire le tour complet de l’Île Royale (1h30) en guettant les agoutis, singes saïmiris et aras.
- Traverser à l’Île Saint-Joseph pour la Réclusion et ses bassins.
- Se baigner dans la piscine des bagnards, un bassin naturel protégé des requins (la baignade en pleine mer est déconseillée).
- Observer l’Île du Diable depuis le sémaphore.
- Assister, avec un peu de chance, à un tir Ariane 6 ou Vega depuis la mer : les îles offrent un poste d’observation spectaculaire les soirs de lancement.

Intégrer les Îles du Salut dans un séjour guyanais
L’archipel se savoure d’autant mieux qu’il s’inscrit dans un circuit plus large. Depuis Kourou, vous êtes idéalement placé pour enchaîner :
- La visite gratuite du Centre Spatial Guyanais, à réserver à l’avance (pièce d’identité obligatoire).
- Une remontée vers Saint-Laurent-du-Maroni (environ 2h de route) et son Camp de la Transportation, complément historique parfait au bagne insulaire.
- Une sortie nature dans les marais de Kaw ou une pirogue sur le fleuve Maroni.
- En saison, l’observation des tortues luth à Awala-Yalimapo.
Pour préparer l’ensemble, consultez notre guide complet de la Guyane : transports, vaccin contre la fièvre jaune (obligatoire), saisons et incontournables y sont détaillés.
Notre conseil logement
Pour rayonner sereinement vers les îles, le marais de Kaw ou le Maroni, mieux vaut une base confortable côté Kourou ou Cayenne. Chez Hostel Toucan, nous gérons des logements en location en Guyane pensés pour les voyageurs qui explorent : emplacements stratégiques, parking pour votre voiture, et conseils d’initiés sur les bons horaires de traversée.
Réserver en direct avec nous, c’est :
- Aucun frais de plateforme : vous payez le juste prix, sans commission ajoutée.
- Annulation gratuite jusqu’à 7 jours avant l’arrivée, idéale quand une traversée dépend de la météo.
- Une assistance WhatsApp 7j/7, pour ajuster votre programme si la mer se lève ou si un tir Ariane décale vos plans.
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En résumé : une escapade à ne pas manquer
Les Îles du Salut, en Guyane, ne se résument ni à une carte postale ni à un musée à ciel ouvert. C’est un lieu de mémoire intense doublé d’un sanctuaire naturel, à une heure de catamaran de Kourou. Partez tôt, visez la saison sèche, et si vous le pouvez, offrez-vous la nuit sur l’Île Royale : c’est là, quand le silence retombe, que l’archipel vous livre vraiment son histoire.
FAQ
Combien de temps faut-il pour visiter les Îles du Salut ?
Une journée permet de découvrir l’Île Royale et de faire un saut à l’Île Saint-Joseph. Mais pour vraiment ressentir l’atmosphère du lieu et profiter du coucher de soleil sur l’Île du Diable, une nuit à l’Auberge de l’Île Royale est fortement recommandée.
Comment se rendre aux Îles du Salut depuis Kourou ?
Des navettes en catamaran partent du port de Kourou, généralement vers 8h, pour une traversée d’environ 1h à 1h15. Comptez 55 à 70 € l’aller-retour par adulte. La réservation est indispensable, surtout en saison sèche.
Peut-on visiter l’Île du Diable où était Dreyfus ?
Non, l’Île du Diable est inaccessible au public en raison de courants marins très dangereux. On l’observe à distance depuis la pointe nord de l’Île Royale, près du sémaphore.
Quelle est la meilleure période pour aller aux Îles du Salut ?
De mi-juillet à mi-novembre, pendant la saison sèche guyanaise. Les traversées y sont plus stables et les sentiers moins boueux. En saison des pluies, certaines navettes sont annulées à cause de la houle.