Si vous louez un logement à Cayenne, Kourou ou Saint-Laurent-du-Maroni, la taxe de séjour est l’une des premières questions administratives qui se posent. Et en Guyane, le sujet a ses particularités : ce département-région d’outre-mer (DROM) fonctionne avec des communautés de communes spécifiques, des plateformes qui collectent automatiquement, et des règles de reversement qui surprennent souvent les nouveaux loueurs venus de métropole.
Chez Hostel Toucan, nous gérons des locations saisonnières sur le territoire au quotidien. Voici, sans jargon inutile, comment la taxe de séjour fonctionne réellement en Guyane : qui la perçoit, combien elle coûte, et comment la reverser sans risque d’erreur.
La taxe de séjour en Guyane : de quoi parle-t-on exactement
La taxe de séjour est une contribution payée par le voyageur (et non par l’hôte) pour chaque nuitée passée dans un hébergement touristique. Le loueur n’est qu’un collecteur : il perçoit la somme auprès du client, puis la reverse à la collectivité compétente. L’argent récolté finance le développement touristique local — signalétique, promotion, entretien des sites, accueil.
En Guyane comme dans tout le territoire français, deux régimes coexistent :
- La taxe au réel : la plus répandue. Le montant dépend du nombre de personnes adultes et du nombre de nuits. C’est le régime appliqué par défaut aux meublés de tourisme et locations Airbnb/Booking.
- La taxe au forfait : plus rare, calculée sur la capacité d’accueil de l’établissement, indépendamment du taux d’occupation.
Pour une location saisonnière classique en Guyane, vous serez quasiment toujours en taxe au réel. Les mineurs de moins de 18 ans en sont exonérés, ce qui change le calcul pour les familles nombreuses, fréquentes pendant la saison sèche (mi-juillet à mi-novembre), période de pic touristique liée aux tirs Ariane 6 et Vega depuis le Centre Spatial Guyanais.

Qui collecte la taxe de séjour en Guyane
C’est ici que la Guyane se distingue. La taxe de séjour n’est pas votée par l’État ni par la Collectivité Territoriale de Guyane (CTG), mais par l’échelon intercommunal ou communal.
Le rôle des communautés de communes
Le territoire est découpé en plusieurs intercommunalités qui décident — ou non — d’instaurer la taxe de séjour et d’en fixer les tarifs dans une fourchette légale :
- La Communauté d’Agglomération du Centre Littoral (CACL) regroupe les communes les plus denses : Cayenne, Rémire-Montjoly, Matoury, Macouria, Roura, ainsi que d’autres communes du littoral central.
- La Communauté de Communes de l’Ouest Guyanais (CCOG) couvre Saint-Laurent-du-Maroni, Awala-Yalimapo et l’ouest du territoire.
- La Communauté de Communes de l’Est Guyanais (CCEG) et les Savanes (autour de Kourou) complètent le découpage.
Concrètement, le tarif applicable à votre logement dépend de la commune où il se situe et de la politique de l’intercommunalité dont elle dépend. Une chambre à Matoury (CACL) et une chambre à Saint-Laurent (CCOG) peuvent relever de barèmes différents. Avant toute location, vérifiez la délibération en vigueur auprès de votre mairie ou de votre communauté de communes : c’est elle qui fait foi.
Classement de l’hébergement : le facteur décisif
Le tarif dépend aussi de la catégorie de votre hébergement. Un meublé de tourisme classé (étoiles) suit un barème par étoile. Un meublé non classé se voit appliquer un pourcentage du prix de la nuitée par personne (souvent autour de 1 à 5 %), avec un plafond. En pratique, beaucoup de locations guyanaises ne sont pas classées : pensez à vérifier votre situation, car cela change le mode de calcul.
Combien coûte la taxe de séjour : ordres de grandeur
Les montants sont fixés par chaque intercommunalité, mais voici des fourchettes réalistes observées sur le territoire pour une location saisonnière non classée ou de catégorie économique :
- Meublé non classé : généralement un pourcentage du prix de la nuit par adulte, plafonné (souvent autour de 0,80 € à 2,30 € par personne et par nuit selon le tarif plafond national en vigueur).
- Meublé 1 à 2 étoiles : ordre de grandeur de 0,50 € à 1,00 € par adulte et par nuit.
- Meublé 3 étoiles et plus : de 1,00 € à 2,30 € par adulte et par nuit.
Exemple concret. Un couple loue un studio non classé à Cayenne pour 5 nuits, à 70 € la nuit. Avec un taux à 3 % plafonné, la taxe serait d’environ 2,10 € par personne et par nuit (sous réserve du plafond), soit 2 personnes × 5 nuits × ~2 € = environ 20 € ajoutés à la facture. Pour une famille avec deux enfants mineurs, seuls les deux adultes sont taxés.
Ces chiffres sont indicatifs : seule la délibération de votre intercommunalité donne le tarif exact. Mais ils vous donnent l’échelle — on parle de quelques euros par séjour, pas de sommes qui dissuadent un voyageur.

Comment collecter et reverser : la procédure pas à pas
Étape 1 — Affichage et facturation
La taxe doit apparaître distinctement sur la facture remise au voyageur, séparée du prix de la nuitée. Affichez aussi le tarif applicable dans le logement ou sur votre annonce. La transparence évite les litiges au check-out.
Étape 2 — Tenue d’un registre du logeur
Vous devez tenir un registre (papier ou tableur) consignant, pour chaque séjour : nombre de personnes, nombre de nuits, montant perçu et éventuelles exonérations. Ce document peut être demandé en cas de contrôle. Un simple tableau Excel suffit, à condition d’être rigoureux.
Étape 3 — Le cas des plateformes (Airbnb, Booking)
C’est le point qui rassure le plus de loueurs. Depuis la généralisation de la collecte automatique, les grandes plateformes collectent et reversent directement la taxe de séjour pour les intercommunalités qui ont activé le dispositif. Si vous louez exclusivement via Airbnb et que la CACL ou la CCOG est intégrée, vous n’avez en théorie rien à reverser vous-même pour ces réservations.
Attention aux pièges :
- La collecte automatique ne couvre que les réservations passées par la plateforme. Une réservation en direct (bouche-à-oreille, votre propre site, WhatsApp) reste à votre charge : vous devez la collecter et la reverser manuellement.
- Les plateformes appliquent parfois un barème générique. Si votre tarif local diffère, des régularisations peuvent être nécessaires.
- Toutes les intercommunalités ne sont pas forcément intégrées de la même manière : vérifiez le statut de la vôtre.
Étape 4 — Le reversement à la collectivité
Pour les réservations en direct, le reversement se fait selon la périodicité fixée par la délibération (souvent semestriel ou annuel). Vous transmettez votre déclaration et le montant collecté au service compétent de l’intercommunalité ou de la régie. Conservez les justificatifs : registre, déclarations et preuves de paiement.
Les erreurs les plus fréquentes en Guyane
D’expérience, voici ce qui pose problème aux loueurs sur le territoire :
- Croire que tout est automatique. Les réservations directes échappent à la collecte des plateformes. C’est souvent là que naissent les oublis de reversement.
- Ignorer le classement. Louer un meublé non classé sans appliquer le bon pourcentage conduit à des écarts qui s’accumulent.
- Oublier les exonérations. Ne pas taxer les mineurs, et vérifier les cas d’exonération (saisonniers employés sur la commune, hébergements d’urgence).
- Confondre les intercommunalités. Appliquer le tarif de Cayenne à un logement de Saint-Laurent, qui dépend d’une autre communauté de communes.
Pourquoi déléguer la gestion change tout
Entre le calcul au réel, le suivi des réservations directes, le registre du logeur et les déclarations semestrielles, la taxe de séjour demande de la rigueur — surtout en haute saison, quand les voyageurs affluent pour le Centre Spatial Guyanais, les Îles du Salut ou les marais de Kaw.
Chez Hostel Toucan, nous intégrons la gestion de la taxe de séjour à notre service de conciergerie : application du bon barème selon la commune et l’intercommunalité, facturation transparente pour le voyageur, suivi du registre et préparation des reversements. Vous évitez les erreurs de classement et les oublis sur les réservations directes.
Et pour vos voyageurs, réserver en direct via Hostel Toucan signifie zéro frais de plateforme, une annulation gratuite jusqu’à 7 jours avant l’arrivée, et une assistance WhatsApp 7j/7 — pratique avec le décalage horaire (-5 h l’hiver, -6 h l’été par rapport à Paris). Découvrez nos logements en Guyane, préparez votre voyage avec notre guide complet de la Guyane, ou si vous êtes propriétaire, voyez comment nous accompagnons les propriétaires sur toute la chaîne, taxe de séjour comprise.
La taxe de séjour n’est pas un casse-tête une fois la mécanique comprise : connaître son intercommunalité, son classement, et distinguer réservations en direct des réservations via plateforme suffit à rester en règle. Le reste, nous pouvons nous en charger.
FAQ
Qui collecte la taxe de séjour en Guyane ?
La taxe de séjour est instaurée par les intercommunalités (communautés de communes ou d’agglomération), pas par l’État ni la CTG. La CACL couvre Cayenne, Rémire-Montjoly, Matoury, Macouria et Roura ; la CCOG couvre Saint-Laurent-du-Maroni et l’ouest. Le loueur collecte la taxe auprès du voyageur, puis la reverse à l’intercommunalité compétente. Sur Airbnb ou Booking, la plateforme collecte et reverse automatiquement pour les réservations passées chez elle.
Combien coûte la taxe de séjour pour une location en Guyane ?
Le montant dépend de l’intercommunalité et du classement de l’hébergement. Pour un meublé non classé, on applique un pourcentage du prix de la nuit par adulte (souvent 0,80 € à 2,30 € selon le plafond), et pour un meublé classé, un tarif par étoile de l’ordre de 0,50 € à 2,30 € par adulte et par nuit. Les mineurs de moins de 18 ans sont exonérés. Seule la délibération de votre intercommunalité donne le tarif exact.
Faut-il reverser la taxe de séjour soi-même si on loue sur Airbnb ?
Pour les réservations passées via Airbnb ou Booking dans une intercommunalité intégrée au dispositif, la plateforme collecte et reverse directement : vous n’avez rien à faire pour ces séjours. En revanche, toute réservation en direct (votre site, bouche-à-oreille, WhatsApp) reste à votre charge : vous devez collecter la taxe, la consigner dans le registre du logeur et la reverser selon la périodicité fixée par la collectivité.
Quelle est la périodicité de reversement de la taxe de séjour en Guyane ?
Pour les réservations en direct, le reversement à l’intercommunalité suit la périodicité prévue par la délibération, le plus souvent semestrielle ou annuelle. Vous transmettez une déclaration accompagnée du montant collecté et conservez vos justificatifs (registre du logeur, déclarations, preuves de paiement) en cas de contrôle.