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Taxe de séjour en Guadeloupe : barème par commune, collecte et pics événementiels

Publié le 24 décembre 2025 · par Ismael Samuel

Taxe de séjour en Guadeloupe : barème par commune, collecte et pics événementiels

Quand on loue ou qu’on réserve un meublé de tourisme dans l’archipel, la taxe de séjour en Guadeloupe est rarement la partie la plus glamour du voyage, mais c’est l’une de celles qui attirent le plus vite des ennuis si on la gère mal — ou des surprises si on l’anticipe mal. Beaucoup de loueurs débutants la confondent avec une charge à payer, alors qu’il s’agit d’une somme à collecter auprès du voyageur puis à reverser à la collectivité ; côté visiteur, c’est souvent la dernière ligne du devis qu’on regarde, et la plus mal comprise. Et la mécanique se complique pendant les pics de demande : carnaval, Route du Rhum, Terre de Blues, où les tarifs de nuitée s’envolent. Résidents sur le papillon et gestionnaires de locations entre Grande-Terre et Basse-Terre, nous vous expliquons le fonctionnement au réel, le barème par commune, qui collecte quoi, l’impact réel sur votre budget et comment ne pas vous tromper quand les prix doublent en saison événementielle.

Comment fonctionne la taxe de séjour au réel en Guadeloupe

La Guadeloupe est un département et région d’outre-mer (DROM) français : le régime de la taxe de séjour y est strictement identique à celui de l’Hexagone, encadré par le Code général des collectivités territoriales. C’est une contribution locale qui finance le tourisme : entretien des plages, signalétique, offices de tourisme, animations. Pour les meublés de tourisme et les locations saisonnières, la quasi-totalité des communes appliquent le régime « au réel ».

Au réel, la taxe se calcule par personne adulte et par nuitée, avec trois règles de base à graver dans le marbre :

  • Les mineurs de moins de 18 ans sont exonérés : vous ne comptez que les adultes.
  • Le tarif est un montant fixe par nuit et par adulte, voté par la collectivité, qui dépend du classement du logement (nombre d’étoiles).
  • Un meublé non classé ne paie pas un tarif fixe mais un pourcentage du prix de la nuitée par personne (généralement 5 % en Guadeloupe), plafonné au tarif le plus élevé voté par la collectivité pour les hébergements classés.

C’est ce dernier point qui change tout en période événementielle. Retenez surtout que la taxe n’est jamais un pourcentage du séjour entier : c’est un calcul nuit par nuit, tête d’adulte par tête d’adulte. Elle ne sort pas de la poche du loueur : c’est une somme qu’il collecte auprès du voyageur au paiement, puis qu’il reverse à la collectivité, et qui figure en ligne distincte sur la facture. Un second régime existe, dit « au forfait » (assis sur la capacité d’accueil, loué ou non), mais il concerne surtout l’hôtellerie de plein air : pour une location saisonnière classique, vous êtes au réel et ne reversez que les nuits réellement vendues.

Plage de la Caravelle bordée de cocotiers sur sable blanc à Sainte-Anne, commune touristique de Guadeloupe soumise à la taxe de séjour
La plage de la Caravelle à Sainte-Anne, l'une des communes balnéaires de Guadeloupe où s'applique la taxe de séjour. — © Tournasol7 (Wikimedia Commons, CC BY 4.0)

Qui perçoit la taxe : la commune ou l’EPCI ?

Première subtilité guadeloupéenne : en Guadeloupe, ce n’est pas toujours la commune seule qui perçoit la taxe. La compétence a très souvent été transférée aux EPCI (établissements publics de coopération intercommunale), c’est-à-dire les communautés d’agglomération et de communes. C’est l’intercommunalité qui vote le barème et encaisse le reversement EPCI.

Concrètement, votre meublé dépend d’une de ces structures selon sa localisation :

  • La Riviera du Levant : Le Gosier, Sainte-Anne, Saint-François, Le Moule, La Désirade. Le cœur balnéaire de la Grande-Terre, donc la demande la plus forte de l’archipel.
  • Cap Excellence : Pointe-à-Pitre, Les Abymes, Baie-Mahault. Le pôle économique et urbain, près du Mémorial ACTe et de l’aéroport Pôle Caraïbes, stratégique pendant le carnaval.
  • Nord Grande-Terre : Le Moule, Port-Louis, Anse-Bertrand, Morne-à-l’Eau.
  • Nord Basse-Terre et Sud Basse-Terre : Deshaies, Sainte-Rose, Bouillante, Basse-Terre, Trois-Rivières, portes du Parc national et de la Réserve Cousteau.
  • Communauté de communes de Marie-Galante : Grand-Bourg, Capesterre, Saint-Louis, l’île du rhum et du festival Terre de Blues.

Le réflexe à prendre : avant de fixer le moindre tarif, retrouvez la délibération en vigueur de votre EPCI (sur son site ou son téléservice). C’est elle qui fait foi.

Le barème par commune et par classement en 2026

Voici des ordres de grandeur réalistes constatés début 2026, par adulte et par nuit, à confirmer sur la délibération de votre EPCI. Le barème du Gosier, de Saint-François ou de Sainte-Anne (Riviera du Levant, très touristique) tend vers le haut des fourchettes ; les communes rurales de Basse-Terre se situent plus bas.

Catégorie du meubléTarif indicatif par adulte / nuit
Non classé ou en attente de classement5 % du prix de la nuit/personne, plafonné (≈ 2,30 à 2,80 €)
Meublé classé 1 étoile≈ 0,70 à 0,90 €
Meublé classé 2 étoiles≈ 0,90 à 1,10 €
Meublé classé 3 étoiles≈ 1,00 à 1,50 €
Meublé classé 4 étoiles≈ 1,50 à 2,30 €
Meublé classé 5 étoiles≈ 2,30 à 3,00 €

Deux repères :

  • Au Gosier, à Sainte-Anne, Deshaies ou Bouillante, un meublé non classé atteint vite le plafond de l’EPCI (≈ 2,30 à 2,50 €) dès que la nuitée dépasse 50 €.
  • À Marie-Galante, les tarifs plus doux maintiennent souvent la taxe d’un non-classé sous le plafond.

L’enseignement à retenir : faire classer son meublé (visite d’un organisme accrédité Atout France, 150 à 250 €, valable 5 ans) transforme une taxe proportionnelle parfois lourde en forfait fixe et prévisible, et débloque en prime l’abattement micro-BIC de 50 % au lieu de 30 %. Sur un bien haut de gamme loué cher, l’écart se chiffre vite en dizaines d’euros par séjour.

Un exemple chiffré côté propriétaire

Prenons un T2 loué 4 adultes, 7 nuits, à 110 € la nuit, au Gosier :

  • Non classé : taxe plafonnée à ≈ 2,40 € par adulte et par nuit, soit 4 × 7 × 2,40 = environ 67 € sur le séjour.
  • Classé 3 étoiles : ≈ 1,30 € par adulte et par nuit, soit 4 × 7 × 1,30 = environ 36 €.

Sur ce seul séjour, le classement divise la taxe par presque deux. Multipliez par 30 ou 40 séjours annuels et l’intérêt saute aux yeux, gain fiscal en plus.

Un exemple chiffré côté voyageur

Prenons une famille de 2 adultes + 2 enfants, 7 nuits dans un meublé 3 étoiles à Saint-François à 1,20 € la nuit/adulte :

  • 2 adultes × 7 nuits × 1,20 € = 16,80 € de taxe de séjour.
  • Les 2 enfants : 0 €.

Pour le même séjour à Sainte-Anne à 0,90 € : 12,60 €. La différence n’est pas dramatique, mais multipliée par un groupe de 6 adultes sur 10 nuits, on passe facilement de 54 € à 90 €. C’est précisément le genre d’écart qui finance, ou non, une sortie en kayak vers les îlets.

Qui collecte : plateforme, hôte ou conciergerie

Deuxième source de confusion fréquente, particulièrement pendant les pics où l’on multiplie les canaux de réservation.

Collecte via plateforme : le cas Airbnb et Booking

Depuis 2019, les grandes plateformes ont l’obligation légale de collecter la taxe de séjour et de la reverser à la collectivité. La collecte Airbnb en Guadeloupe est donc automatique : la taxe apparaît comme une ligne distincte au paiement du voyageur, et Airbnb (comme Booking ou Abritel) la reverse directement à l’EPCI. Vous n’avez rien à faire pour ces réservations, mais :

  • La plateforme applique parfois un calcul standardisé (parfois un pourcentage du prix de la nuit) qui ne colle pas toujours au centime au barème réel de votre intercommunalité.
  • Vous devez tout de même conserver la trace de ces nuitées pour votre registre.
  • Et surtout, ces réservations vous coûtent 15 à 18 % de commission, qui n’ont rien à voir avec la taxe et plombent votre marge — particulièrement dommage quand la demande événementielle vous permettrait de vendre en direct. Côté voyageur, ces frais de service alourdissent la facture de 10 à 20 %.

Collecte en direct : votre responsabilité de loueur

Sur toute réservation directe (votre site, le bouche-à-oreille, un voyageur fidèle, une conciergerie), c’est vous, l’hébergeur, ou votre conciergerie qui collectez et reversez. Cela implique trois obligations :

  • Facturer la taxe au bon tarif, sur une ligne distincte du loyer.
  • Tenir un registre des nuitées (dates, nombre d’adultes, nombre de nuits, montant perçu, exonérations).
  • Reverser à votre EPCI selon son calendrier, généralement deux à quatre échéances par an, via le téléservice de la collectivité.

L’erreur à ne jamais commettre, des deux côtés : croire qu’une réservation en direct dispense de la taxe. Elle est due dans les deux cas. Ce qui change, c’est qui la collecte, et le fait qu’on économise les commissions de plateforme. Pour le voyageur, le montant légal est identique au centime près ; en direct, il évite seulement les frais de service, gagne en transparence et obtient un interlocuteur unique — ce qui n’est pas rien à 6 700 km de la métropole, avec un décalage horaire de 5 h en hiver et 6 h en été par rapport à Paris.

Îlet du Gosier et son phare rouge et blanc entourés de voiliers au mouillage au crépuscule, au large de la commune du Gosier en Guadeloupe
L'Îlet du Gosier au large de la commune du Gosier, haut lieu touristique de Guadeloupe. — © Alexey Komarov (Wikimedia Commons, CC BY-SA 4.0)

Le piège des pics événementiels pour les loueurs

C’est ici que la taxe de séjour en Guadeloupe devient un vrai sujet de gestion, et pas une simple ligne administrative. Pendant les grands rendez-vous de l’archipel, vos tarifs de nuitée grimpent, et si votre logement est non classé, la taxe suit mécaniquement, puisqu’elle est indexée sur le prix de la nuit.

Les pics à anticiper sur le calendrier guadeloupéen :

  • Le carnaval (janvier à mars, apothéose au Dimanche Gras et au Mercredi des Cendres) : la plus longue saison de tension locative, surtout à Basse-Terre (Voukoum, Akiyo) et Pointe-à-Pitre (mas a po). Les nuits se vendent 30 à 60 % plus cher.
  • La Route du Rhum (tous les 4 ans, arrivée à Pointe-à-Pitre, prochaine édition fin 2026) : explosion de la demande sur tout le bassin pointois pendant près de trois semaines.
  • Le festival Terre de Blues (Pentecôte, Marie-Galante) : l’île double sa population le temps d’un week-end, complet des mois à l’avance.
  • La Fête des Cuisinières (août, Pointe-à-Pitre) et les fêtes patronales communales, plus localisées mais réelles.

Un exemple chiffré. Votre studio non classé au Gosier se loue 90 € la nuit en saison normale : la taxe à 5 % par adulte, plafonnée, donne environ 2,30 € (au plafond). Pendant le carnaval, vous montez la nuit à 160 € : la taxe reste plafonnée au même maximum de l’EPCI, soit toujours environ 2,30 €. Le plafond vous protège d’une envolée de la taxe, à condition de le connaître. Beaucoup de loueurs sur-facturent la taxe pendant ces pics en oubliant le plafonnement, ce qui est aussi problématique que de la sous-facturer.

La règle d’or : geler le tarif de taxe, pas celui de la nuitée

Vous êtes libre de fixer le prix de votre nuitée comme vous l’entendez pendant le carnaval ou la Route du Rhum. En revanche, le tarif de taxe de séjour, lui, ne bouge pas : il reste celui voté par votre intercommunalité, dans la limite du plafond. Verrouillez ce montant dans votre logiciel de réservation et dans votre devis direct, indépendamment de votre grille tarifaire saisonnière. C’est la première source d’erreur que nous corrigeons chez les propriétaires qui nous rejoignent.

Les obligations annexes à ne pas oublier

La taxe de séjour ne vit pas seule. Pour être en règle comme loueur, gardez en tête le triptyque administratif :

  • La déclaration en mairie du meublé (Cerfa n° 14004), gratuite, qui peut déboucher sur un numéro d’enregistrement à afficher sur vos annonces.
  • L’immatriculation au guichet unique de l’INPI pour un numéro SIRET, l’activité étant commerciale au sens fiscal.
  • Le registre des nuitées tous canaux confondus, pièce maîtresse en cas de contrôle.

Notre méthode terrain pour les loueurs

Après plusieurs saisons à gérer la taxe pour des meublés entre Sainte-Anne, Le Gosier, Deshaies et Marie-Galante, voici ce qui fait la différence :

  • Faire classer le bien avant la saison événementielle : la taxe devient un forfait fixe, immunisé contre la flambée des prix de nuitée, et l’abattement fiscal passe à 50 %.
  • Paramétrer deux montants distincts : le prix de la nuit (variable) et la taxe (fixe), pour ne jamais les mélanger pendant le carnaval.
  • Centraliser le registre tous canaux confondus, pour éviter le double comptage à l’échéance entre ce qu’Airbnb a déjà reversé et ce que vous reversez sur le direct.
  • Anticiper le calendrier de reversement de son EPCI : les échéances tombent souvent juste après la haute saison sèche, quand la trésorerie est la plus sollicitée.

C’est exactement le service que nous opérons chez Hostel Toucan. Nos voyageurs réservent nos logements en direct, sans frais de plateforme, avec annulation gratuite jusqu’à 7 jours avant l’arrivée et une assistance WhatsApp 7j/7, y compris sur place pendant le carnaval ou un festival. Côté propriétaire, nous prenons en charge la collecte, le registre et le reversement de la taxe de séjour à votre intercommunalité, avec un récapitulatif clair à chaque échéance, prêt à déclarer.

Pour préparer un séjour pendant un pic événementiel, consultez notre guide complet de la Guadeloupe et nos logements en location directe. Si vous êtes propriétaire et que la gestion de la taxe et des déclarations vous pèse, parlez-nous de votre bien via notre page propriétaires : nous gérons l’opérationnel, vous gardez la marge.

FAQ

Qui paie la taxe de séjour en Guadeloupe, le loueur ou le voyageur ?

Le voyageur majeur la paie ; le loueur (ou sa conciergerie) ne fait que la collecter puis la reverser à l’intercommunalité. Sur Airbnb et Booking, la collecte et le reversement sont automatiques. Sur les réservations directes, c’est à l’hébergeur de la facturer sur une ligne distincte, de tenir le registre des nuitées et de la reverser selon le calendrier de son EPCI. Seuls les mineurs de moins de 18 ans en sont exonérés.

La taxe de séjour augmente-t-elle quand je monte mes prix pour le carnaval ?

Pour un meublé classé, non : le tarif est un forfait fixe par adulte et par nuit, indépendant de votre prix de nuitée. Pour un meublé non classé, la taxe est un pourcentage du prix de la nuit, donc elle augmente avec votre tarif, mais elle reste plafonnée au tarif le plus élevé voté par votre intercommunalité. Connaître ce plafond évite de sur-facturer le voyageur pendant le carnaval ou la Route du Rhum.

Combien coûte la taxe à Sainte-Anne, Le Gosier ou Saint-François ?

Pour un meublé non classé ou 2-3 étoiles, comptez environ 0,70 à 1,50 € par adulte et par nuit selon la commune et le classement. Le Gosier et Saint-François se situent plutôt dans la fourchette haute, Sainte-Anne un peu en dessous. Les logements 4-5 étoiles montent à 1,50-2,30 € ou plus. Chaque EPCI vote son propre barème, à vérifier sur la délibération en vigueur.

Faut-il payer la taxe deux fois si je réserve en direct ?

Non. La taxe n’est collectée qu’une seule fois. Sur une plateforme, elle est prélevée automatiquement au paiement et reversée directement à l’EPCI. En réservation directe, c’est l’hôte ou la conciergerie qui la collecte et la reverse. Dans les deux cas, le montant légal est le même ; seuls les frais de service de la plateforme s’ajoutent en plus.

Faut-il déclarer à ma collectivité les nuitées déjà collectées par Airbnb ?

Non : vous ne reversez pas une seconde fois ce qu’Airbnb a déjà collecté, la plateforme s’en charge directement auprès de l’EPCI. En revanche, vous devez conserver la trace de ces nuitées dans votre registre pour distinguer, à l’échéance, la part de la plateforme et celle de vos réservations directes. Un registre tous canaux confondus évite tout double comptage.

Faut-il faire classer son meublé pour payer moins de taxe ?

C’est souvent avantageux. Un meublé classé paie un tarif fixe par adulte et par nuit, généralement inférieur au plafond appliqué à un non-classé loué cher. Le classement (150 à 250 €, valable 5 ans) débloque en prime l’abattement micro-BIC de 50 % au lieu de 30 %, et se rentabilise souvent dès la première année.

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