« Avant ma première location, qu’est-ce que je dois déclarer, et où ? » C’est la toute première chose qu’un propriétaire me demande avant de mettre son bien en ligne. La déclaration de location courte durée en Martinique n’a rien d’insurmontable, mais elle change en 2026 avec l’arrivée d’un téléservice national unique. En tant que conciergerie installée sur l’île, nous montons ces dossiers au quotidien, de Fort-de-France à Sainte-Anne. Voici la marche à suivre, pas à pas, avec les points de vigilance propres aux départements et régions d’outre-mer (DROM).
Pourquoi déclarer son meublé de tourisme est obligatoire
La Martinique est un DROM français : le Code du tourisme s’y applique exactement comme dans l’Hexagone. Toute personne qui propose à la location un meublé de tourisme — un logement meublé loué à une clientèle de passage qui n’y élit pas domicile, pour 90 jours consécutifs maximum par même locataire — doit le déclarer auprès de sa mairie. Ce n’est pas une option, et cela ne dépend pas de la plateforme que vous utilisez.
Deux situations à distinguer dès le départ :
- Votre résidence principale (que vous occupez au moins 8 mois par an) : vous pouvez la louer en courte durée 120 jours par an maximum.
- Une résidence secondaire ou un investissement locatif : pas de plafond de jours, mais des règles renforcées, notamment l’éventuel changement d’usage dans les communes les plus tendues comme Fort-de-France.
Dans les deux cas, la déclaration est le socle obligatoire. C’est elle qui rend votre activité légale et qui rassure le voyageur : un logement déclaré est un logement contrôlé, assuré, et tenu à des standards de sécurité.

Le numéro d’enregistrement : ce qui change en 2026
Jusqu’à présent, seules certaines communes touristiques imposaient une télédéclaration générant un numéro d’enregistrement à afficher sur les annonces. Ce paysage se simplifie radicalement.
Le nouveau téléservice national « Declaloc »
La loi du 19 novembre 2024 (dite « loi Le Meur ») instaure un dispositif national unique d’enregistrement des locations de courte durée. Concrètement, un téléservice baptisé Declaloc (declaloc.fr) doit être pleinement opérationnel au plus tard le 20 mai 2026. Il remplace les procédures locales disparates par un guichet unique en ligne.
Ce que cela change pour vous, propriétaire en Martinique :
- L’enregistrement devient obligatoire dans toutes les communes, et plus seulement dans les grandes villes ou les zones tendues.
- Il concerne tous les meublés, qu’il s’agisse d’une résidence principale ou secondaire, détenue en nom propre ou via une société.
- À l’issue de la déclaration, le téléservice délivre un numéro d’enregistrement à 13 caractères alphanumériques.
- Ce numéro doit figurer sur chacune de vos annonces (Airbnb, Booking, site personnel). Sans lui, la plateforme peut retirer l’annonce.
Bonne nouvelle pour ceux déjà en règle : les numéros d’enregistrement déjà délivrés par les communes restent valables le temps de la transition. Si vous louez déjà dans une commune qui appliquait la télédéclaration, vous n’avez pas à repartir de zéro du jour au lendemain.
Pourquoi cette réforme touche particulièrement les DOM
C’est là que la réglementation Airbnb en Martinique prend une couleur locale. La tension sur le logement est forte dans les territoires d’outre-mer, où la pression touristique côtoie un parc de logements limité. La généralisation de l’enregistrement donne aux mairies martiniquaises un outil de suivi qu’elles n’avaient pas toujours. Anticiper, c’est éviter de se retrouver hors-la-loi du jour au lendemain alors que sa villa tournait très bien.
Comment déclarer, étape par étape
Voici le parcours concret que nous suivons pour chaque bien que nous mettons en gestion.
- Vérifier le statut du logement : résidence principale (plafond 120 jours) ou secondaire (règles renforcées). Cela conditionne tout le reste.
- Interroger la mairie sur l’existence d’une procédure de changement d’usage et d’une éventuelle règle de compensation, surtout à Fort-de-France pour une résidence secondaire.
- Réunir les pièces justificatives (voir liste ci-dessous).
- Effectuer la déclaration en ligne sur le téléservice national, ou via le portail de votre mairie tant que Declaloc n’a pas pris le relais. Pour une résidence secondaire dans une commune sans télédéclaration, le formulaire Cerfa n° 14004 reste la voie classique.
- Récupérer le numéro d’enregistrement délivré automatiquement.
- Afficher ce numéro sur toutes vos annonces, sans exception.
- Conserver l’accusé de réception : un contrôle communal peut survenir, un dossier complet vous met à l’abri.
Les documents à préparer
Avant de vous lancer, rassemblez :
- une pièce d’identité (ou un extrait Kbis si vous louez via une société) ;
- un justificatif de propriété ou d’occupation : acte de propriété, avis de taxe foncière récent, ou autorisation écrite du bailleur si vous êtes locataire ;
- l’autorisation de changement d’usage si votre commune l’exige ;
- un diagnostic de performance énergétique (DPE) valide. Depuis le 20 novembre 2024, les nouveaux changements d’usage vers le meublé touristique exigent un DPE classé entre A et E ; les passoires thermiques (F et G) sont progressivement exclues.
La déclaration elle-même prend désormais quelques minutes depuis chez vous. C’est la préparation des pièces — surtout le DPE et l’éventuel changement d’usage — qui demande de l’anticipation.

Combien ça coûte, et que risque-t-on en cas d’oubli
La déclaration en mairie est gratuite : ni la commune ni le téléservice ne facturent l’enregistrement. Vos vrais coûts annexes sont le DPE (comptez 120 à 250 € selon la surface, un diagnostiqueur se déplaçant sur toute l’île) et, le cas échéant, le classement en meublé de tourisme (de l’ordre de 150 à 300 € pour la visite d’un organisme agréé), facultatif mais fiscalement avantageux.
Côté sanctions, la loi Le Meur a sérieusement relevé le curseur :
- défaut de déclaration : amende pouvant atteindre 10 000 € ;
- fausse déclaration : jusqu’à 20 000 € ;
- dépassement du plafond de 120 jours pour une résidence principale : amende portée à 15 000 €.
Autant dire qu’au regard de ces montants, l’enregistrement gratuit et les quelques centaines d’euros de DPE relèvent de l’évidence. Une seule annonce sans numéro suffit à attirer l’attention.
La taxe de séjour, le complément indissociable
Déclarer son meublé et collecter la taxe de séjour à Fort-de-France comme dans toute commune touristique vont de pair. Cette taxe est payée par le voyageur, pas par vous : vous (ou la plateforme via convention) la collectez et la reversez à la commune. En Martinique, une taxe additionnelle départementale de 10 % s’ajoute au tarif communal et apparaît directement sur la facture du voyageur. Une fois votre logement enregistré, pensez à paramétrer correctement la collecte pour éviter les doubles facturations.
Réservez et louez en règle avec Hostel Toucan
Monter un dossier conforme est faisable seul. Le tenir à jour, basculer sur le nouveau téléservice national, suivre les délibérations communales, gérer le ménage et les arrivées à l’aéroport Aimé Césaire (Le Lamentin) depuis la métropole, c’est une autre affaire.
C’est notre métier chez Hostel Toucan, conciergerie et gestion de locations saisonnières dans les DROM. Pour les propriétaires martiniquais, nous prenons en charge :
- la mise en conformité : déclaration, numéro d’enregistrement, DPE, accompagnement au classement et veille sur le changement d’usage de votre commune ;
- la gestion locative complète : annonces, tarification, ménage, accueil et collecte de la taxe de séjour ;
- la réservation en direct sans frais de plateforme, avec annulation gratuite jusqu’à 7 jours avant l’arrivée et une assistance WhatsApp 7j/7 (indicatif +596 ; pensez au décalage horaire : -5h en hiver, -6h en été par rapport à Paris).
Pour préparer votre projet, consultez notre guide complet de la Martinique, parcourez nos locations en Martinique et découvrez notre accompagnement sur la page propriétaires.
La déclaration n’est pas un obstacle : bien menée, elle transforme un logement en source de revenus pérenne et parfaitement sereine, même à distance.
FAQ
Faut-il obligatoirement déclarer une location courte durée en Martinique ?
Oui. Tout meublé de tourisme loué à une clientèle de passage doit être déclaré en mairie, que ce soit votre résidence principale ou secondaire. Cette obligation s’applique sur tout le territoire français, DROM compris. À partir du 20 mai 2026, la déclaration passe par le téléservice national Declaloc et génère un numéro d’enregistrement à afficher sur vos annonces.
Comment obtenir un numéro d’enregistrement pour mon meublé en Martinique ?
Vous effectuez la déclaration en ligne sur le téléservice national (ou le portail de votre mairie pendant la transition), en fournissant une pièce d’identité, un justificatif de propriété ou d’occupation, un DPE valide et, si nécessaire, l’autorisation de changement d’usage. Le numéro d’enregistrement à 13 caractères vous est délivré aussitôt et doit figurer sur chacune de vos annonces.
Quelles sanctions en cas de location non déclarée en Martinique ?
Depuis la loi Le Meur du 19 novembre 2024, le défaut de déclaration est puni d’une amende pouvant atteindre 10 000 €, la fausse déclaration jusqu’à 20 000 €, et le dépassement du plafond de 120 jours d’une résidence principale jusqu’à 15 000 €. Une annonce sans numéro d’enregistrement peut aussi être retirée par la plateforme.
Mon ancien numéro d’enregistrement reste-t-il valable avec le nouveau téléservice ?
Oui, pendant la phase de transition. Les numéros d’enregistrement déjà délivrés par les communes martiniquaises restent valables jusqu’à la mise en place opérationnelle du téléservice national Declaloc. Vous n’avez donc pas à refaire votre démarche du jour au lendemain, mais il faudra à terme basculer sur le dispositif national. Nous suivons cette bascule pour chaque bien que nous gérons.