Écoquartier Georges Othily à Rémire-Montjoly : ce que valent les lots à la revente et à la location
Publié le 14 août 2026 · par Ismael Samuel
Tapez « écoquartier Georges Othily Cayenne » et les résultats se contredisent d’une page à l’autre : nombre de logements, avancement, commune. Le commercial du salon, lui, parlait en 2019 du « nouvel écoquartier de l’agglomération de Cayenne », et c’est sous ce nom que le lot a été vendu à des gens qui, pour la plupart, ne l’ont jamais vu. Première mise au point avant tout chiffre : l’opération n’est pas sur la commune de Cayenne. Elle est à Rémire-Montjoly, sur les terrains de Vidal. Le détail n’est pas administratif — il change le prix au mètre carré de référence, le loyer de marché et les obligations locales qui s’appliquent au lot.
L’opération et ses prix, en quatre lignes
L’écoquartier Georges Othily est une opération de l’EPFA Guyane à Rémire-Montjoly : 75 hectares, 67 millions d’euros, de l’ordre de 1 300 à 1 400 logements programmés, environ 85 % des lots commercialisés en 2024. Un lot s’y revend sur le marché de l’ancien communal, dont la médiane est de 3 028 € le m² sur les ventes 2023-2025. En location nue, un trois-pièces de 72 m² s’annonce autour de 1 154 € charges comprises au troisième trimestre 2025. En courte durée, la demande y est professionnelle.
L’EPFA Guyane conduit l’opération entre forêt, polders et une ancienne habitation sucrière. Elle porte le nom d’un ancien sénateur de la Guyane. Aux chiffres déjà cités s’ajoutent, au programme publié en 2026, un collège, deux groupes scolaires et 16 000 m² d’activités économiques. La plateforme ÉcoQuartier du ministère, qui a labellisé l’opération à l’étape 2 sous le type « extension maîtrisée », retient 1 400 logements sur un périmètre plus large. Nous citons les deux, l’écart étant public. Cayenne a son opération d’aménagement, mais elle s’appelle Palika.
Pourquoi la confusion coûte de l’argent au vendeur
Sur les ventes 2023-2025, la médiane de l’appartement ancien est de 3 028 € le m² à Rémire-Montjoly contre 2 679 € à Cayenne, et 2 041 € à Kourou. Un vendeur qui cale son prix sur des repères cayennais, ceux de la route de Montabo par exemple, laisse de la valeur sur la table ; un acquéreur qui fait l’inverse trouvera votre prix élevé. Savoir le lui expliquer est le premier argument de vente.
Un quartier de familles, dans une commune sans offre hôtelière
Des équipements pensés pour des ménages qui s’installent
Un axe nord-sud organisé autour d’un canal, une architecture bioclimatique, des équipements scolaires : le programme vise des familles qui restent. Donc une demande familiale réelle en location nue, dans un secteur sans hôtellerie.
Ce que voit un locataire venu en mission
Au recensement 2023, 90,2 % du parc de Rémire-Montjoly est en résidence principale et 36,5 % en appartement. La commune ne compte que 3 hôtels et 56 chambres au 1er janvier 2026, quand Cayenne en compte 9 et 586. Un salarié détaché ou un remplaçant hospitalier ne trouve donc presque pas d’offre hôtelière sur place : il se rabat sur le meublé. En 2024, la commune recensait 200 meublés de tourisme, gîtes et chambres d’hôtes, contre 331 à Cayenne. C’est l’atout locatif du secteur, absent de toute plaquette.
Typologies et volumes : ce que le registre national permet de vérifier
Les copropriétés qui portent l’adresse de la ZAC
Au registre national d’immatriculation des copropriétés, consulté le 21 août 2026, deux syndicats déclarent une adresse mentionnant la ZAC écoquartier Georges Othily : la RÉSIDENCE ÉBÈNE ROSE, 196 lots dont 106 d’habitation, 1 rue Simone Fléret Farlot, règlement de copropriété de décembre 2021 ; et LA CARAVELLE, 62 lots dont 41 d’habitation, 18 rue Simone Fléret Farlot, règlement de décembre 2020. Les 106 lots d’habitation de la première coïncident avec le nombre de logements annoncé par son promoteur. Une troisième adresse de la même rue, la RÉSIDENCE CHAWARI au numéro 12, apparaît dans la base adresse nationale et dans deux ventes en état futur d’achèvement enregistrées en 2023, sans nombre de lots publié ni fiche à ce nom au registre.
Deux noms presque identiques, deux copropriétés distinctes
Deux autres syndicats immatriculés déclarent une adresse du périmètre sans nommer la ZAC : une recherche par mot-clé les manque. La Résidence La Canopée, 57 lots dont 17 d’habitation, se déclare avenue Léon Gontran Damas — la voie que l’aménageur donne pour adresse de l’opération — avec un règlement de copropriété de 2017 : c’est la plus ancienne copropriété privée rattachable au secteur. Sous la Canopée, 78 lots dont 27 d’habitation, 16 rue Germaine Régina, règlement de 2021, était commercialisée comme une résidence du nouvel écoquartier, du T1 au T4, de 118 000 à 260 000 €, pour une livraison annoncée en décembre 2022. Les deux ont été présentées à l’époque comme éligibles au Pinel outre-mer.
Sept résidences nommées, et le calendrier qu’elles dessinent
Sept résidences privées du périmètre sont documentées nommément : le registre des copropriétés pour quatre d’entre elles, la base adresse nationale, les valeurs foncières et les fiches d’opérateur pour les trois autres. Sources consultées le 21 août 2026.
Résidence
Adresse ou rattachement
Année de référence (nature)
Logements
Sortie estimée à 9 ans
Résidence La Canopée
avenue Léon Gontran Damas
2017 (règlement de copropriété)
17 sur 57 lots
2028
La Caravelle
18 rue Simone Fléret Farlot
2020 (vente en VEFA)
41 sur 62 lots
2031
Résidence Ébène Rose
1 rue Simone Fléret Farlot
2021 (vente en VEFA)
106 sur 196 lots
2032
Sous la Canopée
16 rue Germaine Régina
2021 (règlement), livraison annoncée fin 2022
27 sur 78 lots
2032
Résidence Chawari
12 rue Simone Fléret Farlot
2023 (ventes en VEFA)
non publié
2034
Symphonie
écoquartier Georges Othily
2023 (vente en VEFA)
45 sur 102 lots
2034
Harmonie
écoquartier Georges Othily
2024 (vente en VEFA)
68
2035
Hypothèses. La colonne « logements » compte les lots à usage d’habitation, distincts du total, qui comprend caves, parkings et locaux ; les volumes de deux résidences ne s’additionnent jamais. La sortie estimée ajoute à l’année de référence un an quand la date connue précède la livraison — vente en VEFA ou règlement de copropriété —, un an de mise en location, puis neuf ans. Si le premier bail a été signé dans l’année qui a suivi la livraison, un engagement de neuf ans arriverait à son terme autour de l’année indiquée : c’est une estimation établie à partir des sources publiques, et non une date certifiée, seul le propriétaire connaissant la date exacte de son engagement.
Le gisement de sorties d’engagement n’est pas en 2026
En lecture à neuf ans, aucune de ces sept résidences n’atteindrait son terme avant 2028, et la plus grosse opération privée du quartier pas avant 2032 : le périmètre est en cours d’engagement, pas en sortie. La lecture à six ans déplace tout de trois ans et ne libère qu’une résidence, la plus ancienne du tableau, autour de 2025. Concrètement : si votre réduction d’impôt vient de s’éteindre sur un lot d’ici, vous avez probablement souscrit six ans, pas neuf. À vérifier sur votre acte avant tout : reprendre la libre disposition du bien avant le terme expose à la reprise de la réduction obtenue.
Hypothèses. Les prix sont des médianes de transactions enregistrées, calculées par nos soins sur les demandes de valeurs foncières du 973, mutations à un seul local d’habitation. Les ventes en état futur d’achèvement y sont rares — 10 en 2023 et 13 en 2024 à Rémire-Montjoly, 11 à Cayenne sur cinq ans : ordres de grandeur, pas médianes robustes. Loyers : carte des loyers 2025 de l’ANIL et de la DGALN, loyers d’annonce charges comprises, intervalles de prédiction larges. Vacance : dossier Insee de Rémire-Montjoly.
Loyer plafonné et loyer de marché ne se comparent pas directement
Pour un bail conclu ou renouvelé en 2026, le plafond Pinel outre-mer est de 12,21 € le m² hors charges, corrigé par le coefficient 0,7 + 19/S plafonné à 1,2 : au maximum 847 € par mois pour 72 m² de surface utile, 542 € pour 37 m². Les loyers du tableau sont charges comprises, et la surface utile du dispositif n’est pas la surface habitable : l’écart apparent entre 847 € et 1 154 € surestime le manque à gagner réel. Le calcul mois par mois figure dans notre comparatif nu plafonné et meublé sur un T2 de Rémire-Montjoly. À confirmer avec votre conseil.
Ce qui se loue en courte durée ici, et à qui
Une clientèle de mission
En 2025, la Guyane a enregistré 417 800 nuitées hôtelières pour une durée moyenne de séjour de 2,1 jours, et l’Insee écrit que « le tourisme d’affaires demeure le principal motif de séjour, avec 64 % des nuitées ». Sur les logements que nous gérons dans l’agglomération, les réservations viennent de missions industrielles, de remplaçants médicaux et de personnels en relève. Deux repères publics cadrent ce vivier : 1 624 salariés sous convention de site à la base spatiale de Kourou au 30 juin 2026, dont 289 en contrat de mobilité ; un CHU de Guyane créé le 16 juin 2025, 2 800 équivalents temps plein sur trois sites.
Une précision, le contresens étant fréquent : les unités constituées, escadrons de gendarmerie mobile compris, disposent de leurs propres hébergements et ne logent pas en meublé. La demande vient des affectations individuelles, des stages et des mutations. Voir qui loue réellement en courte durée en Guyane.
Ce qui s’applique sur cette adresse, au 21 août 2026
Déclaration et numéro d’enregistrement. Depuis le 20 mai 2026, l’obligation vaut sur tout le territoire national, sans délibération locale. Le site officiel de la commune ne publiait, au 21 août 2026, aucune page sur les meublés : cette absence ne vaut ni exemption, ni preuve.
Taxe de séjour. La commune relève de la communauté d’agglomération du Centre Littoral, qui applique la taxe au réel depuis le 1er janvier 2018. Hébergement sans classement : 5 % du coût hors taxes par personne et par nuitée, plafonné à 1,50 €. Reversement quatre fois par an, aux 10 avril, 10 juillet, 10 octobre et 10 janvier, registre du logeur à tenir.
Zone tendue. Au zonage de la taxe sur les logements vacants, référentiel au 1er janvier 2025, Rémire-Montjoly est en zone tendue.
Ce qui pénalise ou favorise la revente d’un lot
Ce qui joue en votre faveur
L’adresse est documentée publiquement : un acquéreur vérifie le périmètre, le label et l’avancement sans vous. Sur l’appartement ancien, la commune est la plus chère du littoral guyanais, et son taux de vacance est le plus bas de celles pour lesquelles l’Insee publie la donnée : 7,0 % au recensement 2023, contre 10,4 % à Kourou, 10,8 % à Matoury et 13,3 % à Macouria. Sur la parcelle du 1 rue Simone Fléret Farlot, les demandes de valeurs foncières relèvent des ventes en état futur d’achèvement autour de 4 516 € le m² à partir de décembre 2023 et des reventes autour de 4 789 € le m² jusqu’en décembre 2024 — deux ventes et trois reventes, une illustration, pas une statistique.
Ce qui joue contre vous
L’opération n’est pas terminée. Une commercialisation à environ 85 % en 2024 signifie qu’il reste des lots à bâtir, donc du chantier possible à proximité — ce qu’un acquéreur voit en visite et ce qu’un voyageur entend le matin. Deux des sept résidences du tableau sont d’ailleurs encore commercialisées en neuf sur place, du T1 au T3, à partir de 134 000 € et 145 000 €, dont une en livraison immédiate en août 2026 : votre acquéreur compare votre lot à un logement sous garantie décennale à cinq minutes à pied. Ensuite, aucune donnée publique ne mesure la moins-value moyenne d’une revente de bien défiscalisé en Guyane. Ce qui est mesurable, c’est l’écart entre les deux marchés, de l’ordre d’un tiers au mètre carré entre le neuf vendu en 2023-2024 dans la commune et l’ancien revendu sur 2023-2025 : un propriétaire qui a payé un prix de neuf revend sur un marché d’ancien. Enfin, un lot fermé se dégrade vite ici, avec une humidité relative supérieure à 80 % toute l’année sur la côte et 219,6 jours de pluie par an à la station de Cayenne-Matoury en normale 1991-2020.
Les cas où notre solution n’est pas la bonne
Si vous êtes encore engagé, le meublé de tourisme n’est pas une option : la location nue à un locataire qui en fait sa résidence principale est une condition du dispositif, et le tableau ci-dessus montre qu’une large part du quartier est dans ce cas. Si le règlement de votre copropriété interdit la location en meublé de tourisme, ou si l’assemblée générale a voté cette interdiction — possible depuis la loi du 19 novembre 2024, à la majorité des deux tiers, dans les copropriétés dotées d’une clause d’habitation bourgeoise exclusive — le sujet est clos et aucun montage ne le rouvre. Si vous tenez une offre et voulez avoir vendu sous soixante jours, l’exploitation n’a pas de sens : elle se justifie sur plusieurs trimestres. Si votre lot est en résidence de services sous bail commercial, vous n’en avez pas la jouissance. Si vous voulez un revenu stable d’un mois sur l’autre, la location nue reste la bonne réponse : le taux d’occupation moyen des meublés guyanais était de 46 % en 2024.
Ce qu’il faut demander sur un lot de Vidal
Votre acte et votre engagement initial : commune exacte, date d’achèvement retenue, durée souscrite — six ou neuf ans. C’est la seule source de votre date de sortie, et elle reste estimée tant que votre conseil ne l’a pas confirmée.
Le nom exact de votre résidence et son numéro d’immatriculation, que votre syndic doit vous fournir et qui est exigé pour vendre : deux copropriétés du secteur portent des noms presque identiques, et c’est le numéro qui tranche.
Le règlement de copropriété et les trois derniers procès-verbaux d’assemblée générale : clause de destination des lots, résolutions sur le meublé de tourisme.
La surface utile retenue pour votre plafond de loyer, qui n’est pas la surface habitable.
Auprès du service urbanisme et de votre assureur : changement d’usage, procédure d’enregistrement, clause d’inoccupation du contrat.
En résumé
L’écoquartier Georges Othily est à Rémire-Montjoly, pas à Cayenne : 75 hectares et 1 300 à 1 400 logements programmés.
Sept résidences privées y sont documentées nommément, de 2017 à 2024, avec des termes estimés à neuf ans échelonnés de 2028 à 2035 : le quartier est en cours d’engagement, pas en sortie.
Un lot s’y revend à 3 028 € le m² en médiane sur 2023-2025, quand le neuf communal s’est vendu autour de 4 500 à 4 600 € le m² en 2023-2024.
En courte durée, la demande est professionnelle, dans une commune qui n’offre que 56 chambres d’hôtel. Le sujet se referme si vous êtes encore engagé, si la copropriété interdit le meublé, ou si vous devez vendre sous deux mois.
FAQ
L’écoquartier Georges Othily est-il à Cayenne ou à Rémire-Montjoly ?
À Rémire-Montjoly. L’opération est conduite par l’EPFA Guyane sur les terrains de Vidal, au sud de la commune, et la plateforme ÉcoQuartier du ministère la référence sous ce nom de commune. La confusion vient de ce que l’agglomération porte le nom de la préfecture ; l’opération d’aménagement de Cayenne, elle, s’appelle Palika.
Combien vaut un appartement dans l’écoquartier Georges Othily à la revente ?
Personne ne peut le dire sans estimation. Ce qui est mesurable, c’est le marché communal : sur les ventes 2023-2025 à Rémire-Montjoly, la médiane est de 3 028 € le m² pour un appartement ancien, la moitié des transactions entre 2 555 et 3 645 € le m².
Quelles résidences de l’écoquartier figurent au registre des copropriétés ?
Quatre syndicats déclarent une adresse du périmètre au 21 août 2026 : la Résidence Ébène Rose, 196 lots dont 106 d’habitation, et La Caravelle, 62 lots dont 41, rue Simone Fléret Farlot ; la Résidence La Canopée, 57 lots dont 17, avenue Léon Gontran Damas ; Sous la Canopée, 78 lots dont 27, rue Germaine Régina. Le registre ne publiant pas de date de livraison, ce sont des indices, pas des dates de mise en service.
Quand se termine l’engagement locatif d’un lot de l’écoquartier Georges Othily ?
Vous seul pouvez le dire. Les dates de référence publiques du périmètre s’échelonnent de 2017 à 2024 selon la résidence ; en lecture à neuf ans, les termes estimés vont de 2028 à 2035, et de 2025 à 2032 en lecture à six ans. Ce sont des estimations calculées depuis la livraison probable, pas des dates certifiées : la vôtre se lit sur votre acte et sur la date de votre premier bail.
Peut-on louer en meublé de tourisme un lot situé à Rémire-Montjoly ?
Rien ne l’interdit par principe : tout dépend du règlement de copropriété, et une assemblée générale peut voter l’interdiction depuis la loi du 19 novembre 2024. La déclaration avec numéro d’enregistrement, elle, s’applique partout depuis le 20 mai 2026.
Faut-il vendre ou louer un lot en sortie d’engagement dans l’écoquartier ?
Les deux, dans cet ordre. Exploiter le bien pendant la commercialisation évite d’accepter la première offre basse et maintient un logement entretenu, donc visitable. Cela suppose plusieurs trimestres devant soi, un engagement arrivé à son terme et un règlement de copropriété qui l’autorise. Voir la location saisonnière à Rémire-Montjoly.
Si vous détenez un lot dans ce secteur et hésitez entre vendre tout de suite et attendre, écrivez-nous. Nous vous dirons ce que le bien peut produire pendant la vente, et dans quels cas nous vous conseillerons de ne rien faire.
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